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Monero est-il légal en France en 2026 ?

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Monero est-il légal en France en 2026 ?

Quand Binance a retiré Monero de son carnet d'ordres le 20 février 2024, puis quand Kraken a fait de même pour l'Espace économique européen, beaucoup de détenteurs français en ont conclu que la cryptomonnaie venait d'être discrètement interdite. C'est faux. Détenir, acheter, vendre et échanger du Monero (XMR) reste parfaitement légal en France en 2026 — aucune loi, aucun décret et aucune décision de justice n'a criminalisé l'actif ni le simple fait de le posséder. Ce qui a changé, c'est la volonté des grandes plateformes soumises au KYC d'inscrire une cryptomonnaie de confidentialité, pas le cadre juridique.

La nuance compte, car la confusion coûte de l'argent et de la sérénité. Un retrait de cotation (delisting) est une décision commerciale dictée par la charge de conformité ; une interdiction est une prohibition légale. Les deux sont sans cesse mélangés dans les titres de presse. Si vous voulez savoir précisément où vous en êtes en tant que résident français — ce que vous pouvez faire librement, ce que vous devez déclarer, et où se situent les vraies zones grises — ce guide passe en revue le cadre français et européen, vos obligations fiscales auprès de la DGFiP, et la marche à suivre concrète pour vous procurer du XMR via un service comme MoneroSwapper sans trébucher sur des règles qui n'existent pas.

La réponse courte : oui, détenir et utiliser Monero est légal

En 2026, aucune disposition du droit français n'interdit de posséder, de transacter ou de transférer du Monero. L'Autorité des marchés financiers (AMF), l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) encadrent chacune un pan du marché crypto, mais aucune n'a prohibé les cryptomonnaies de confidentialité en tant que telles. Voici ce que cela signifie en pratique :

  • La détention est libre : conserver du XMR dans un portefeuille, sur un support matériel ou sous forme de sauvegarde papier n'entraîne aucune sanction légale en France.
  • Les échanges de gré à gré sont licites : échanger du XMR avec un particulier ou via un service non-custodial est permis, même si la cession peut avoir des conséquences fiscales dès que vous réalisez une plus-value en euros.
  • Le minage est autorisé : faire tourner l'algorithme de preuve de travail RandomX sur votre propre matériel pour miner du XMR est légal ; les jetons minés relèvent en principe des bénéfices non commerciaux (BNC), évalués à leur valeur de marché au jour de leur réception.
  • Le paiement est légal : régler un commerçant qui l'accepte en XMR est traité, sur le plan fiscal, comme n'importe quelle autre cession d'actif numérique.
  • La technologie elle-même est un logiciel libre : aucun logiciel de confidentialité open source n'a jamais été interdit avec succès en France, et le protocole de Monero — signatures de cercle (ring signatures), adresses furtives (stealth addresses), RingCT — est publié et consultable librement.

La friction que vivent les Français porte presque exclusivement sur les points d'accès : où convertir des euros en XMR, et inversement. C'est une question de marché et de conformité, pas une question de légalité.

Ce que dit vraiment le droit français et européen sur Monero

Aucun texte ne vise Monero nommément. À la place, plusieurs régimes qui se chevauchent le traitent comme ils traitent les autres actifs numériques convertibles. Comprendre quelle autorité s'intéresse à quoi est la clé pour rester du bon côté des règles.

AMF, ACPR et le statut PSAN devenu CASP sous MiCA

Jusqu'en 2024, un acteur qui achetait, vendait ou conservait des cryptos pour le compte de tiers en France devait s'enregistrer auprès de l'AMF comme prestataire de services sur actifs numériques (PSAN). Depuis l'entrée en application du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) le 30 décembre 2024, ce régime national bascule progressivement vers l'agrément CASP (Crypto-Asset Service Provider) harmonisé à l'échelle de l'Union, délivré par l'AMF après avis de l'ACPR.

Point essentiel : ces obligations pèsent sur les plateformes et intermédiaires, pas sur le particulier. Acheter du XMR pour votre usage personnel ne fait pas de vous un prestataire de services sur actifs numériques. Vous n'avez aucun agrément à demander, aucun programme de lutte contre le blanchiment à mettre en place. Le règlement européen sur les transferts de fonds (TFR, dit « Travel Rule ») impose aux prestataires de tracer les transferts au-delà de certains seuils — là encore, une contrainte qui s'applique aux services, pas à vous.

DGFiP : la fiscalité des plus-values sur actifs numériques

L'administration fiscale française considère les cryptomonnaies comme des actifs numériques relevant de l'article 150 VH bis du Code général des impôts pour les particuliers qui en cèdent à titre occasionnel. Concrètement, le XMR est imposé exactement comme le Bitcoin. Deux principes structurent ce régime :

  • Le fait générateur, c'est la conversion en euros (ou en bien/service) : tant que vous échangez crypto contre crypto, vous bénéficiez d'un sursis d'imposition — l'opération n'est pas taxée. L'impôt se déclenche lorsque vous cédez un actif numérique contre une monnaie ayant cours légal ou pour payer un achat.
  • Une « flat tax » de 30 % : la plus-value annuelle est en principe soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU), soit 12,8 % d'impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Depuis l'imposition des revenus 2022, vous pouvez opter pour le barème progressif si c'est plus avantageux.

Deux obligations déclaratives méritent une attention particulière en 2026 :

  • La déclaration des plus-values : vous calculez le résultat global de vos cessions sur le formulaire 2086 et le reportez sur la déclaration 2042 C. En dessous de 305 € de cessions totales sur l'année, la plus-value est exonérée.
  • La déclaration des comptes détenus à l'étranger : via le formulaire 3916-bis, vous devez déclarer chaque compte d'actifs numériques ouvert, détenu ou clos auprès d'une plateforme étrangère. L'oubli est sanctionné par une amende de 750 € par compte (1 500 € si les avoirs dépassent 50 000 €). Bonne nouvelle : un portefeuille non-custodial dont vous maîtrisez seul les clés n'est pas un « compte » au sens de ce texte — l'obligation vise les plateformes tierces, pas l'auto-conservation.

La confidentialité au niveau du protocole ne crée aucune exonération au niveau fiscal. L'obligation légale de déclarer revenus et plus-values s'applique au XMR exactement comme au Bitcoin.

Pourquoi les plateformes retirent Monero alors qu'il reste légal

La principale source d'angoisse du type « est-ce interdit ? » vient du repli régulier des grandes plateformes. Ces mouvements sont dictés par la conformité, pas par la loi, et ils varient selon la juridiction. Le tableau ci-dessous résume le paysage auquel un utilisateur français fait réellement face en 2026.

Voie d'accèsAvantagesInconvénients
Grandes plateformes centralisées (KYC) Rampes fiat, forte liquidité sur les autres cryptos La plupart ont retiré le XMR (Binance en février 2024, Kraken pour l'EEE) ; très peu le proposent encore en zone euro
Services d'échange non-custodial Pas de compte, conversions XMR rapides, vous gardez vos clés Vous gérez vous-même votre portefeuille et vos justificatifs fiscaux
Places de marché de gré à gré (P2P) Échanges directs, moyens de paiement flexibles Risque de contrepartie, exige de la vigilance
Atomic swaps (BTC↔XMR) Sans tiers de confiance, aucun intermédiaire ne détient les fonds Prise en main plus technique, liquidité moindre

Les plateformes retirent Monero pour des raisons prévisibles : le coût de la surveillance de graphes de transactions opaques, la pression des partenaires bancaires, et un cadre européen — MiCA en tête — qui pousse de fait les cryptos de confidentialité hors des plateformes régulées de l'UE. Rien de tout cela ne traduit une interdiction française. Cela ne fait que déplacer la liquidité vers les canaux non-custodial et de gré à gré, là où la fongibilité et la confidentialité on-chain de Monero ont toujours été le cœur du projet.

Un retrait de cotation est une décision de gestion du risque par une société privée. Ce n'est pas une loi, et cela ne rend pas illégal le fait de conserver, déplacer ou vendre l'actif que vous détenez déjà.

MiCA, le règlement anti-blanchiment et les cryptos anonymes : le vrai enjeu 2026-2027

Si une évolution mérite votre attention en France, ce n'est pas une hypothétique interdiction de détention, mais le tour de vis réglementaire sur les intermédiaires. Le paquet anti-blanchiment européen, et notamment le règlement (UE) 2024/1624 (souvent appelé AMLR), interdit aux établissements financiers et aux prestataires de services sur crypto-actifs de tenir des comptes anonymes et de manipuler des « jetons renforçant l'anonymat ». Ces dispositions s'appliqueront à compter de l'été 2027.

Autrement dit : à partir de 2027, un CASP agréé dans l'UE — donc en France — ne pourra plus proposer Monero à son catalogue. C'est ce qui alimente l'idée d'une « interdiction » européenne. Mais lisez bien la cible : le texte vise les prestataires régulés et les services d'anonymisation, jamais le détenteur particulier. Posséder du XMR, le transférer entre vos propres portefeuilles ou l'utiliser en pair-à-pair restera licite. Ce que la réglementation organise, c'est la disparition des cryptos de confidentialité des plateformes centralisées, pas leur sortie de la légalité.

Cette logique n'est pas propre à l'Europe. Aux États-Unis, le FinCEN a proposé fin 2023 de désigner le « mixing » de cryptos comme préoccupation prioritaire de blanchiment ; là encore, la cible est le service d'obscurcissement et le comportement, pas la détention. La constante mondiale de 2024 à 2026 est la même : la pression réglementaire frappe les intermédiaires et les services d'anonymisation, jamais le particulier qui détient des jetons.

Comment acheter et détenir du Monero légalement en France

Se procurer du XMR tout en restant en règle est simple une fois que vous séparez les obligations légales (déclarer vos plus-values) de la mécanique pratique (obtenir les jetons en sécurité). Voici un parcours propre pour un résident français en 2026.

  1. Préparez d'abord un portefeuille. Installez l'interface officielle Monero GUI ou un portefeuille mobile réputé, et sauvegardez votre phrase mnémonique (seed) hors ligne. N'envoyez jamais de fonds quelque part avant de contrôler l'adresse de réception.
  2. Choisissez votre rampe d'entrée. Si une plateforme conforme propose encore le XMR, vous pouvez l'acheter directement. Sinon, procurez-vous d'abord une crypto liquide comme le Bitcoin, puis convertissez-la via un service d'échange non-custodial tel que MoneroSwapper, qui échange du BTC contre du XMR sans jamais conserver de solde de compte à votre nom.
  3. Notez votre prix de revient. Au moment de l'acquisition, consignez la date, la valeur en euros et la quantité de XMR reçue. Cette seule habitude rend la déclaration fiscale ultérieure quasi triviale.
  4. Passez le XMR en auto-conservation. Retirez vos jetons vers votre propre portefeuille plutôt que de les laisser sur une plateforme. L'auto-conservation est légale et reste le seul moyen de profiter réellement de la confidentialité de Monero.
  5. Déclarez les cessions au moment de l'impôt. Lorsque vous finissez par vendre ou dépenser, calculez la plus ou moins-value par rapport à votre prix de revient et reportez-la sur les formulaires 2086 et 2042 C. Conservez vos justificatifs pendant toute la durée du délai de reprise de l'administration.

Cette séquence vous place sur un terrain juridique solide : vous avez acquis un actif licite, vous l'avez conservé en auto-garde comme c'est votre droit, et vous avez déclaré les événements imposables que la loi exige.

Un exemple concret : rester en règle en tant que détenteur français

Imaginons une résidente de Lyon qui achète 2 XMR en mars 2026. Sa plateforme centralisée ne propose plus Monero ; elle y achète donc du Bitcoin, puis passe par un échange non-custodial pour le convertir en XMR, pour une valeur consignée de 400 €. Elle retire les jetons vers un portefeuille adossé à un support matériel et les conserve.

Neuf mois plus tard, elle dépense 0,5 XMR pour régler un service, alors que le cours a grimpé : elle réalise une plus-value. Comme elle a noté son prix de revient initial, le calcul est simple : prix de cession moins prix de revient égale la plus-value imposable, soumise au PFU de 30 % (sauf option pour le barème). Elle la déclare sur les formulaires 2086 et 2042 C.

Notez bien : tant qu'elle échangeait Bitcoin contre XMR (crypto contre crypto), aucun impôt n'était dû — le sursis d'imposition s'applique. C'est uniquement la dépense en XMR, qui équivaut à une cession contre un service, qui crée le fait générateur. Rien dans ce scénario n'est juridiquement risqué. La DGFiP ne vous demande pas de lui livrer le détail confidentiel du contenu de votre portefeuille ; elle vous demande de déclarer honnêtement vos revenus et vos plus-values. La confidentialité de Monero au niveau du protocole et votre conformité fiscale coexistent sans contradiction. Rien de tout ceci ne constitue un conseil juridique ou fiscal personnalisé — consultez un professionnel qualifié pour votre situation — mais le cadre est cohérent et bien établi.

FAQ

Peut-on être arrêté en France pour le simple fait de détenir du Monero ?

Non. Aucune loi française n'érige en infraction le fait de posséder, d'acheter ou de conserver du Monero en 2026. La détention de XMR est parfaitement légale. Le risque pénal naît uniquement de l'usage qui est fait d'une crypto — par exemple la fraude fiscale ou le financement d'une activité prohibée — exactement comme avec des espèces ou n'importe quel autre actif.

Pourquoi Binance et d'autres plateformes ont-elles retiré Monero ?

Les grandes plateformes ont délisté Monero pour des raisons de conformité et de gestion du risque, pas à cause d'une interdiction. Surveiller les transactions des cryptos de confidentialité coûte cher, les partenaires bancaires font pression, et le cadre européen (MiCA, puis le règlement anti-blanchiment) décourage les inscriptions. Binance a retiré le XMR au niveau mondial en février 2024 et Kraken l'a fait pour l'EEE, mais l'actif lui-même reste légal à détenir et à échanger.

Dois-je payer des impôts sur mes plus-values en Monero ?

Oui. La DGFiP traite le XMR comme un actif numérique : le vendre contre des euros ou le dépenser peut générer une plus ou moins-value imposable (article 150 VH bis du CGI), en principe au PFU de 30 %. Vous la déclarez via les formulaires 2086 et 2042 C. En revanche, un échange crypto contre crypto bénéficie d'un sursis d'imposition. La confidentialité du protocole ne crée aucune exonération de l'obligation de déclarer.

Utiliser un service d'échange non-custodial pour obtenir du Monero est-il légal ?

Oui. Recourir à un service non-custodial pour convertir une crypto en XMR est légal pour un particulier. Le service peut, lui, être soumis à ses propres obligations d'agrément en tant que prestataire (CASP/PSAN), mais vous, en tant qu'utilisateur personnel, n'êtes pas un prestataire de services sur actifs numériques du simple fait d'échanger des cryptos pour votre propre compte.

La France ou l'UE pourraient-elles interdire Monero à l'avenir ?

L'interdiction de détention reste théorique : aucun texte ne la prévoit en 2026. En revanche, le règlement anti-blanchiment européen interdira aux prestataires régulés (CASP) de proposer des cryptos renforçant l'anonymat à compter de l'été 2027. Cela visera les plateformes, pas les détenteurs. Interdire un logiciel open source poserait par ailleurs d'importants obstacles juridiques, ce qui explique en partie pourquoi les régulateurs se concentrent sur les points d'accès.

Conclusion

La réponse honnête pour 2026 est rassurante de simplicité : Monero est légal à détenir, acheter, vendre, miner et dépenser en France. La disparition des inscriptions sur les plateformes traduit des choix de conformité et un cadre européen exigeant, pas une interdiction nationale — et elle a déplacé la liquidité du XMR vers les canaux non-custodial et de gré à gré, là où sa conception axée sur la confidentialité a toujours trouvé sa place. Vos vraies responsabilités sont pratiques : tenir des justificatifs propres et déclarer vos plus-values à la DGFiP.

Si vous voulez ajouter du XMR à votre patrimoine sans passer par un compte custodial, une voie non-custodial comme MoneroSwapper vous permet de convertir du Bitcoin en Monero et de retirer directement vers votre propre portefeuille. Associez cela à un suivi rigoureux de vos prix de revient, et vous obtenez à la fois la confidentialité pour laquelle Monero a été conçu et la conformité que la loi attend. Prêt à vous lancer ? Procurez-vous du Monero en toute discrétion et gardez la maîtrise de vos clés.

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